Presse/Media

Etonnez-moi Benoît

par Benoît Duteurtre

Samedi 15 Décembre 2012 -  FRANCE MUSIQUE

15 décembre 2012 11:00

Centenaire Jean Françaix ( 1912-2012 ) compositeur de musique du XXéme siècle
Avec ses enfants Claude et Jacques


Jean Françaix est né au Mans, le 23 mai 1912.
Ses dons musicaux exceptionnels peuvent se développer en toute liberté grâce à un entourage familial favorable (son père est directeur du Conservatoire du Mans et sa mère professeur de chant).

Ces dons sont si extraordinaires que son illustre professeur Nadia Boulanger, à qui on le confie pour sa formation musicale lorsqu'il a dix ans, écrit à sa mère: "Madame, je ne sais pas pourquoi nous perdons du temps à lui apprendre l'harmonie, il sait l'harmonie. Je ne sais pas comment, mais il la sait, il est né la sachant. Faisons du contrepoint". Cette même année, il écrit "Pour Jacqueline", œuvre dédiée à sa petite cousine et éditée deux ans plus tard par les éditions Sénart.

L'année suivante, en 1923, Maurice Ravel, en réponse à l'envoi d'un manuscrit, encourage l'enfant à continuer dans la voie qu'il a choisie et écrit notamment : "Parmi les dons de cet enfant, je remarque surtout le plus fécond que puisse posséder un artiste, celui de la curiosité".

A 18 ans, il obtient son premier prix de piano, premier nommé, au Conservatoire National Supérieur de Paris. Deux ans plus tard, il représente, avec Claude Delvincourt, la jeune école française au Festival International de Vienne, où l'on joue ses "Huit Bagatelles" qui remportent un triomphe.

Le succès de son "Concertino pour piano et orchestre", en 1932, sera suivi par beaucoup d'autres, et ses compositions seront dirigées par les plus grands chefs : Paul Paray, Hermann Cherchen, Pierre Monteux, Eugène Ormandy, Manuel Rosenthal, Herbert von Karayan, Antal Dorati, Pierre Dervaux, Seiji Ozawa, Georges Prêtre...

Il a écrit les musiques de seize ballets, montés par des chorégraphes de grande réputation, tels que Léonide Massine ("Scuola di ballo", par les Ballets Russes à Monte-Carlo en 1933), Serge Lifar ("Le Roi nu", à l'Opéra de Paris en 1935), Roland Petit ("Les Demoiselles de la nuit" , sur un livret de Jean Anouilh, à l'Opéra de Paris en 1948 et à la Scala de Milan), Georges Balanchine ("A la Françaix" en 1951, d'après sa "Sérénade", par le New-York City Ballet).

Les partitions de ces quatre ballets, ainsi que celle des "Malheurs de Sophie", ont été enregistrées, au début des années 2000, par l'Orchestre d'Ulster, dirigé par Thierry Fischer.
Son dernier ballet "Pierrot où les secrets de la nuit", d'après Michel Tournier, a été présenté en 1988 au Théâtre Régional de Salzbourg sous la direction de Jean-Philippe Rouchon.

Son œuvre majeure, "L'Apocalypse selon Saint Jean", pour chœurs, soli et orchestre, créée à Paris par Charles Munch en 1942, fut reprise à Berlin, à Londres et enfin en Italie, en 1961, dans la cathédrale de Montreale. Après quarante années d'interruption, cet oratorio fut à nouveau représenté en 1997 à Göttingen et à Linz avec l'Orchestre Symphonique de Göttingen conduit par Christian Simonis (avec le premier enregistrement sur CD).

Suivirent quatre nouvelles exécutions en deux ans, dont une en 1999 dans la cathédrale du Mans, inspiratrice de l'œuvre, soixante ans après sa date de composition (avec un enregistrement public par l'Orchestre Français d'Oratorio dirigé par Jean-Pierre Loré).

Les dernières représentations ont eu lieu à Munich en février 2004 avec l'Orchestre Symphonique et les Chœurs de la Radio Bavaroise dirigés par Marcello Viotti et à Stuttgart le 3 octobre 2010 avec le Staatsorchester de Stuttgart.

Il a composé cinq Opéras et Opéras Comiques, dont "La Main de Gloire", et "La Princesse de Clèves", qui ont été représentés en 1950 et en 1951 à Bordeaux, pour le premier, et en 1965 à Rouen, pour le second, sans avoir été repris depuis en France malgré un grand succès et une critique particulièrement élogieuse.

D'autres œuvres vocales restent à redécouvrir, dont le "Diable Boiteux", qui fut entièrement bissé lors de sa représentation au Carnegie Hall de New-York en 1950, "Trois Poèmes de Paul Valéry" et "L'Ode à la Gastronomie", toutes deux écrites pour chœur a cappella.

Sa musique de chambre (du duo au dixtuor, avec plus de cinquante pièces), est en revanche constamment jouée et enregistrée dans le monde (son "Trio à cordes", son "Quintette à vents No1", son "Petit Quatuor pour saxophones" ou son "Tema con variazioni" sont devenus des classiques du répertoire), de même que la plupart de ses concerti pour instruments solistes et orchestre (environ quarante pièces pour presque tous les instruments de l'orchestre), dont les plus connus sont "L'Horloge de Flore" (1959), pour hautbois et orchestre, et le "Concerto pour clarinette et orchestre" (1967).

Mais, signe des temps, c'est avec ses partitions de musique de films écrites pour Sacha Guitry (dont le célèbre "Si Versailles m'était conté"), que Jean Françaix obtint une certaine notoriété publique dans son pays.
Il meurt à Paris le 25 septembre 1997, à l'âge de 85 ans.
Jacques Françaix

Jean FRANCAIX - centenaire 2012
Coffret 3 CD - édition officielle
INDE043 Musique de chambre
Octuor de France
Jean Françaix, direction et piano

 

Le centre artistique Jean-Françaix inauguré - Saint-Calais

dimanche 09 septembre 2012


Des locaux plus fonctionnels, comme ici la salle d'audition de piano et de chant chorale.

Vendredi, la communauté de communes du Pays calaisien a inauguré le nouveau bâtiment abritant l'école de musique intercommunale, situé rue de la Cornillère? à Saint-Calais.

Les travaux du nouveau centre artistique Jean-Françaix (compositeur manceau, 1912-1997) ont démarré en avril 2011 et se sont achevés en juillet dernier. 2 104 681 € ont été nécessaires pour la création de l'établissement. Le Pays calaisien a obtenu 40,5 % de subvention de la part de l'Europe (Feder), de l'État (FNADT, réserve parlementaire), du conseil régional et du conseil général.

La construction du centre a été basée sur le respect de l'environnement : bâtiment basse consommation, matériaux nobles et naturels, sélection des déchets produits, intégration paysagère. Au total, 950 m 2 sont consacrés à la musique ainsi qu'au bien-être des élèves et de leurs enseignants.

 

Une chronique à lire dans le journal

"Gens de Morvan"

Glux-en-Glenne: un hommage au compositeur Jean Françaix dans le cadre de la 43e Fête des myrtilles

 

Glux_Hommage_Franaix._ArthemusLe village morvandiau de Glux-en-Glenne a pris place dans la très longue liste des 589 événements organisés en 2012 dans 35 pays sur quatre continents pour célébrer le 100e anniversaire de la naissance du compositeur manceau Jean Françaix, décédé en 1997.

Glux_Hommage_FranaixSamedi 4 août, dans le cadre de la 43e Fête des Myrtilles et du 6e festival Artemus, le quatuor à cordes du festival composé de Aramis Monroy, Léo Belthoise, Clara Belthoise et Susana Fernandes a interprété, à l'Église Saint-Denis, quelques pièces de ce maître de la musique contemporaine trop peu reconnu et joué dans sa patrie, selon les membres du Cercle des Amis de Jean Françaix qui ont entrepris depuis vingt ans de pallier à la diffusion de ses œuvres.

« Jean Françaix est plus connu à l'étranger que dans son propre pays » se désole Etienne Avice, président du Cercle des Amis de Jean-Françaix. C'est lors de voyages professionnels aux États-Unis que le désormais conseiller municipal de Glux -en-Glenne découvre la musique du compositeur. Originaire du Mans, comme le maître, Etienne Avice le rencontre à son retour en France et décide la création de l'association. (Pour tous savoir sur Jean Françaix, accéder au site officiel : www.jeanfrancaix.org/ )

Glux_Hommage_Franaix._E_Avice_MarceauDans l'hommage rendu au compositeur à Glux-en-Glenne, Étienne Avice a tenu à associer le souvenir de Blanche Françaix, l'épouse du compositeur décédée en 2010 , « violoniste de talent qui a sacrifié sa carrière pour celle de son mai et à laquelle honneur a été rendu le 18 février dernier avec le baptême d'une rose « Blanche Françaix » inventée par les Roseraies Guillot et parrainée par la Princesse Caroline de Hanovre ».

La Fête des myrtilles dans le cadre de laquelle était inscrit cet événement inscrit aux Commémorations Nationales, a une nouvelle fois drainé des milliers de visiteurs vers le plus haut village de la montagne morvandelle.
Cette année, en raison des gelées qui ont brûlé les pieds d'airelles, les organisateurs avaient dû se tourner vers l'Ardèche pour se procurer les 200 kg de fruits sauvages nécessaires pour confectionner les 8.000 tartelettes.

L'affluence qui a quelque peu souffert samedi après-midi de la neutralisation des routes d'accès provoquée par le rallye d'Autun – Sud Morvan s'est amplement rétablie dimanche avant le déclenchement des orages.

 

Extrait de :L’éducation musicale, Lettre d’Information – n°65 – Décembre 2012

 

Jean FRANÇAIX : « Le Gai Paris ». Concerto pour clarinette & orchestre. Divertimentos pour flûte, pour basson, pour trompette. Sonatine pour piano et trompette. Cinq danses exotiques pour saxophone. Thème et variations pour clarinette et piano. Eric Aubier, trompette, PhilippeCuper, Jean-Louis Sajot, clarinette, Lola Descours, basson, Vincent Lucas, flûte, Nicolas Prost, saxophone alto, Pascal Gallet, LaurentWagschal, piano. Octuor de France. Octuor à vent de Paris. Orchestre de Bretagne, direction Jean Françaix (1992). 1 CD Indésens : INDE045. TT : 74’11.

 

Ce disque s’inscrit dans le cadre de la célébration du centenaire de la naissance de Jean Françaix (1912-1997), et fait suite à un précédent coffret de musique de chambre (INDE043; cf. NL de 09/2012). L'enregistrement regroupe nombre d'autres compositions chambristes, écrites pour les vents, certaines très connues, d’autres moins, mais très rarement enregistrées, ce qui fait de ce disque un évènement. Qu’il s’agisse du Gai Paris, image musicale du Paris de la Belle époque, du magnifique et virtuose Concerto pour clarinette, des Divertimentos pour flute, basson ou trompette, de la Sonatine pour piano & trompette, des Cinq Danses exotiques pour saxophone, ou encore du Thème et variations pour clarinette & piano, toutes ces compositions sont éminemment représentatives de l’œuvre chambriste et orchestrale de Jean Françaix. Une œuvre à la fois pétillante, joyeuse, lumineuse, virtuose, dans la droite ligne de Poulenc et du néo-classicisme du Groupe des Six. Une musique qui rend heureux, superbement servie par des solistes de très haut niveau, et le compositeur lui-même, à la direction d'orchestre. Un régal !

legaiparis

 

Un article de Gérard Lame du Journal Sud-Ouest

 

Jean Françaix raconté par sa fille

conférencclaudelimoges

Claude Françaix a évoqué Jean Français, son père, avant le concert hommage de Commixtus. (Photo g. l.)

Le dernier acte du 4e Festival international de musique de chambre, initié par Commixtus, a eu lieu dimanche 14 octobre, à l'hôtel de ville d'Angoulême. Une série de neuf concerts en hommage à Jean Francaix (1912-1997), compositeur français dont la fille Claude, également pianiste, donnait une conférence en prélude à cette ultime représentation. Un musicien qui avait des dons musicaux exceptionnels ayant pu se développer grâce à un entourage familial favorable : un père directeur de conservatoire et une mère professeur de chant.

Il sait l'harmonie

Claude Françaix a évoqué son père, dans un récit sans emphase, avant de citer Nadia Boulanger, sa formatrice musicale, écrivant à la grand-mère de la conférencière : « Madame, je ne sais pas pourquoi nous perdons du temps à lui apprendre l'harmonie, il sait l'harmonie… il est né la sachant. » Jean n'a alors que 10 ans ! À 18 ans, il obtient son premier prix de piano au Conservatoire de Paris.

Claude Françaix dessine dans son récit les traits de caractère de son père : la curiosité qui fit dire à Ravel « parmi les dons de cet enfant, je remarque surtout le plus fécond que puisse posséder un artiste, celui de la curiosité ». Ayant eu une enfance solitaire, le jeune homme est pessimiste, rigoureux, cultivé et gentil. Admirateur de La Fontaine et Stravinsky, Jean Francaix n'avait pas de mémoire, mais une grande technique ! Cela lui valut les compliments de célébrités parmi lesquelles Sacha Guitry.

Avec les plus grands

De ses œuvres, on retiendra « Le Concertino pour piano et orchestre » en 1932 et bien d'autres compositions dirigées par les plus grands chefs, dont Monteux, Rosenthal, Karayan, Prêtre. Il a écrit les musiques de 16 ballets montés par Lifar, Petit, Balanchine, Massine sur les scènes de Paris, Monte Carlo ou Milan.

Son œuvre majeure « L'Apocalypse selon Saint Jean » a été créée à Paris par Charles Munch en 1942 et reprise à Berlin, Londres, en Italie et enfin en 1961 à Montréal.

« Jean Françaix était doté d'une richesse d'intelligence et de cœur », a conclu Claude Dessaix à propos de son père, avant de céder la place à Commixtus. Flûte, clarinette, cor hautbois et basson ont célébré en musique le compositeur Jean Françaix.

 


Page 2 sur 12
EnglishFrenchGermanItalianRussianSpanishChinese (S)

S'abonner aux news

Photos de Jean Francaix